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Apprendre à Apprendre – Enseigner comment Apprendre II Entrer en Contact avec Soi-même : «Petit», «Lentement», «Doucement» par Ilana Nevill

Une précipitation indue empêche le réel apprentissage. Voici l’essence de ’leçons’ de prise de conscience décisives que j’ai vécues au cours de ma formation Feldenkrais. D’abord avec Myriam Pfeffer qui considère que le contact humain n’est possible que lorsque l’on est soi-même en contact avec soi, et plus tard avec Mia Segal qui parle de « renvoyer les gens à eux-mêmes » et vous fait comprendre combien le toucher et les mots énoncés sont interchangeables en termes d’impact sur l’élève. Trois de ces leçons furent particulièrement ‘inconfortables’ et en même temps stimulantes. Elles révélèrent en un éclair la complexité des réalités de l’élève, réalités interne et externe profondément interconnectées.

Les trois leçons brièvement décrites ci-dessous ont pour objectif d’illustrer « le genre d’apprentissage qui nous aide à nous connaître » (Moshe Feldenkrais), c’est-à-dire à gagner en clarté sur ce que nous faisons et comment : si notre façon d’agir correspond à notre intention et aux exigences de la situation ; si la quantité d’efforts que nous déployons est appropriée, etc. Ce type d’apprentissage se produit en explorant les mouvements de façon ludique, « où l’accent est mis ... sur la façon dont vous vous gérez pour agir », avec de nombreuses opportunités pour découvrir « des manières nouvelles et différentes de faire les choses que je sais déjà faire » (« The Elusive Obvious » [« l’Evidence en Question »], p.36 et p.35).

Le but ultime des leçons de Feldenkrais excède de beaucoup ceux de la scolarité ou des formations traditionnelles. A Amherst, Feldenkrais parlait de « développement » en tant que déploiement progressif des possibilités largement méconnues de l’élève. Le « contrôle de soi », l’ « essence de la maturité humaine », est décrit dans ‘The Potent Self’ [‘La Puissance du Moi’] comme « cet équilibre instable, que nous perdons et retrouvons sans cesse. Pour parvenir à ce contrôle à l’intérieur de nos propres limites, il nous faut distinguer les motivations d’origine physiologique et celles qui s’y ajoutent, par habitude, et qui remontent à la période de dépendance. Une fois que nous avons la capacité de reconnaître l’impulsion derrière nos actes, nous commençons à nous sentir maître de la situation et nous pouvons préserver notre tranquillité d’esprit malgré l’adversité. » (The Potent Self, p.216). Paradoxalement, la ‘puissance du moi’ est extrêmement spontanée justement parce qu’elle est sous contrôle –et vice versa.

Nous commencions à explorer la spirale pour passer de la position assise en tailleur à la position debout pendant la formation de Londres en 1986 quand Myriam Pfeffer s’arrêta devant moi et me demanda : « Est-ce que tu vas tourner vers la gauche ou vers la droite ? » « Vers la droite ! ». Aussitôt que je suivis l’invitation de Myriam à continuer, je m’aperçus que ma jambe droite (habituellement croisée par-dessus la gauche) se mettrait en travers du chemin. Tout en reconnaissant l’obstacle, j’étais la proie d’un débat intérieur quelque peu déstabilisant : ‘Qu’attend-elle de moi ?... Est-ce que je veux vraiment être bloquée et avoir l’air stupide ?... Est-ce que je dois lui faire plaisir en faisant ce que j’ai dit ... ou plutôt trouver un moyen de sortir de cette impasse manifeste ?’ Ceci me conduisit à retirer rapidement ma jambe gauche de dessous la droite. En continuant dans cette direction, je choisissais d’éluder le défi de montrer à mes camarades comment l’habitude peut vous conduire à une impasse. Myriam se détourna vers quelqu’un d’autre en disant :  « Oui, c’est possible aussi... » Le bref instant où j’enregistrai de la déception dans la voix de mon enseignante m’a beaucoup appris. En me dépêchant d’exécuter une solution pour ‘sauver la face’, j’avais empêché de façon active mon propre apprentissage et celui de tous les autres.

En me remémorant de nombreuses expériences d’apprentissage aussi déstabilisantes mais merveilleusement révélatrices dans les séances de Mia Segal, deux ressortent particulièrement.

Un jour Mia m’invita à lui soulever la tête alors qu’elle était allongée au sol. Absolument pétrifiée, je ‘tentai’ de surmonter mon inconfortable sentiment d’incertitude en ‘faisant de mon mieux’ –et ne fus pas surprise le moins du monde d’entendre Mia me demander d’une voix moqueuse :  « Pourquoi es-tu si pressée ? » Je répondis sans réfléchir : « Pour en finir avec ça le plus vite possible », ce qui était plus déconcertant. Cela m’obligea à affronter le fait indéniable et extrêmement embarrassant que bien qu’ayant toujours considéré ‘apprendre’ comme étant ma ‘plus grande passion’, je m’empêchais ici activement de tirer le meilleur parti d’une chance unique dans la vie, celle d’apprendre par le feed-back d’un maître reconnu.

A une autre occasion, Mia me donna l’opportunité de découvrir comment gérer ma crainte de toucher la tête et le cou des gens (une crainte qui remonte sans doute à une blessure à la tête occasionnée par un accident de la route quand j’avais six ans), et aussi de comprendre qu’on peut ‘tolérer’ la combinaison inhabituelle d’un ‘non-agir’ (« non-doing »), de confiance intérieure, et d’attention globale [envers soi-même, l’autre personne, la situation et l’environnement].

Elle me fit poser avec légèreté le bout des doigts de chaque côté de la colonne cervicale d’une partenaire. J’attendais en vain les instructions suivantes de faire quelque chose. Après une éternité, Mia demanda : « Que sens-tu sous ton index gauche ? ... Est-ce que tu as peur ? » « Non ! » Après une autre éternité :  « Que sens-tu sous le droit ? ... Est-ce que tu as peur ? » Ce questionnement continua jusqu’à ce que je comprenne finalement : ‘Tant que je suis en contact avec ce que je ressens, il n’y a absolument pas d’incertitude, pas de crainte.’ A cet instant précis de révélation il y eut un gentil petit ‘pop’ alors qu’une vertèbre se réalignait d’elle-même quelque part dans la colonne dorsale de ma partenaire –une surprise pour nous deux et un total miracle pour moi...

Quel Genre de Modèle est-ce que J’Offre à mes Elèves ?

En tant qu’ ‘enseignant’, Feldenkrais ne s’est jamais lassé de donner l’exemple : comment en s’efforçant d’atteindre la « maîtrise de soi » on atteint graduellement à l’autorité intérieure et à une intégrité qui convainc aussi les autres. Pour ses étudiants et ses successeurs, il est ainsi devenu le garant que la réalisation du potentiel de ‘développement’ qui sommeille en eux sera faisable. « C’est l’objet de notre apprentissage de nous débarrasser complètement de l’autorité [extérieure] dans notre vie intérieure… A l’intérieur, la seule autorité c’est vous ». Sans cela, nous serions contraints de retomber encore et encore dans les méthodes familières dont dépendent les autorités conventionnelles : « Utiliser le pouvoir, la force, la violence, [c’est-à-dire finalement utiliser] la douleur, et rien d’autre.» (Amherst, 10.6.1981).

Aujourd’hui encore (après 20 ans d’expérience dans et avec la Méthode), il m’arrive parfois de sentir que ce que je dis dans une leçon, et la manière dont je le dis, ne correspondent pas tout à fait à l’image idéale d’une personne ouverte en permanence à de nouveaux apprentissages, toujours prête à aller à la rencontre d’elle-même et du monde avec la curiosité en éveil. Quelquefois, mon comportement me semble contrôlé depuis des recoins cachés où toutes sortes d’habitudes, d’insécurité, d’attitudes autocritiques, d’aspiration à la reconnaissance, etc., se sont installées auparavant dans ma vie.

Je sais maintenant que tout cela limite le contact avec ses propres ressources intérieures, et interfère aussi avec l’établissement d’un dialogue créatif et d’un partenariat sincère entre les étudiants dans une formation –en particulier quand ils se rencontrent en tant qu’ « étudiant/ élève » et « enseignant ».

Cependant, de tels instants de vérité inconfortables permettent de saisir un aperçu de ses ‘motivations croisées’ personnelles dont parle Moshe Feldenkrais (voir ‘The Potent Self’, p.218 et suiv.). Les révélations qui en découlent, souvent très éclairantes, sur l’« entremêlement chaotique de motivations contradictoires », m’aident à développer de l’empathie pour les autres qui sont eux aussi à la recherche de ce bout de fil conducteur vraiment important pour eux à un moment donné. En ce sens je n’arrêterai jamais d’apprendre avec et grâce aux autres. Toute personne qui vient me voir est un enseignant potentiel pour moi –en particulier les jeunes enfants pour qui le nœud des désirs contradictoires n’est pas encore devenu aussi gros ni aussi serré que pour la plupart des adultes, et qui ne font pas encore de distinction entre apprendre et jouer.

Si je perds mon équilibre intérieur, je pense à l’honnêteté et à l’humilité avec lesquelles Moshe remarqua un jour : « Dans les premiers temps, quand j’avais la notion que j’essayais de ‘soigner’ mon client, je faisais un travail plutôt médiocre. Mais plus tard, quand je réalisai que tous deux nous étions en fait en train de travailler ensemble pour arriver à comprendre la situation, alors mon travail changea. C’est seulement à ce moment qu’il est devenu plus assuré » (Thomas Hanna, « The Body of Life » [« Le Corps de la Vie »], p.189).

Au fil des années, le travail/ jeu Feldenkrais est devenu pour moi une exploration partagée qui m’absorbe profondément et me donne une joie extraordinaire, conduisant à des découvertes surprenantes –en particulier pour relier, par-dessus le gouffre [qui les sépare], l’intérieur et l’extérieur, l’intention et l’action, la pensée et l’acte, le soi idéal et le conditionnement qui nous mine sous la forme d’une image de soi négative. Dans la perspective la meilleure, cela conduira finalement mais infailliblement à faire émerger une image plus réaliste et plus positive. Mon travail en tant qu’ ‘enseignante’ est de présenter à mes élèves les chemins et les moyens d’accéder à, ou de retrouver, un état d’équilibre intérieur (« un état neutre »). La compétence avec laquelle je dirige l’intérêt et l’attention des étudiants au fil de ce processus complexe dépend de l’étendue et de la profondeur de ma propre expérience. C’est cela qui alimente à la fois l’observation ‘objective’ de ce qu’ils font en réalité, et la participation en imagination à ce qu’ils peuvent ‘subjectivement’ sentir quand ils explorent de façon ludique des schémas de mouvement habituels et inhabituels.

Dans « The Potent Self », l’ « état neutre » est décrit comme étant l’essence de la maturité humaine. Quel que soit le niveau potentiellement atteint au final en regard de cet objectif, le chemin que Moshe Feldenkrais nous a tracé implique d’être entièrement présent à l’instant, et de nous permettre d’expérimenter vraiment les caractéristiques principales de l’état neutre : une posture érigée, une respiration calme, les muscles de la mâchoire, du cou et de la bouche relâchés, un ventre naturellement plein, moins d’autocritique paralysante, plus de spontanéité, etc.

Dans les instants où ils sont profondément absorbés par le processus de découverte de soi et d’auto-guidage, les systèmes nerveux des étudiants ont une chance réelle de découvrir des manières nouvelles et insoupçonnées de rendre l’impossible possible, le possible gérable, et le gérable aisé et élégant –sans intervention consciente de la volonté et sans effort.

« Le Contact Humain n’est Possible que si Nous sommes en Contact avec Nous-mêmes »

Ce que m’a dit Myriam Pfeffer lors d’une conversation sur un enseignement réussi du Feldenkrais (Paris, Octobre 2005) devint le point de départ d’une post-formation organisée à Londres par la Guilde Anglaise, au début de 2006. Les trois S en Feldenkrais : Petit, Lentement, Doucement (‘Small, Slow, Soft’) était centré sur la question : Comment établir une relation plus amicale en premier lieu avec et en soi-même, mais aussi avec une chaise ou un sol dur –et au-delà avec un environnement plus large (l’espace, les autres, etc.). Cette question se poursuivit par l’exploration systématique des possibilités permettant aux trois principes de base de l’enseignement auto-dirigé en Feldenkrais de prendre une signification concrète et pratique pour les étudiants.

Puisqu’on ne peut pas tenir pour acquis que des exhortations telles que « Faites moins … moitié moins… un dixième de ce que vous êtes en train de faire… plus lentement, plus légèrement, gentiment, doucement –sans tout cet effort… » aient la même signification pour tous, nous devions poser la question en des termes plus concrets : Comment les étudiants peuvent-ils goûter, développer leur compétence à « trouver la bonne mesure » (Myriam), c’est-à-dire à détecter puis apprendre à réduire l’effort inutile ?

Restant dans le cadre de séquences de mouvements familiers, nous avons exploré différentes manières de sentir des changements même tout petits dans des relations complexes –à l’intérieur du corps, avec le sol, avec notre surface d’assise, avec l’espace, etc ; en nous fiant à une attention parfois précisément dirigée, et d’autres fois plus globale.

Ce qui nous a offert des occasions intéressantes de pratiquer « petit, doucement, et lentement », et à l’occasion de goûter à cet évident mais fuyant « état neutre » :

• Exagérer légèrement l’organisation de son corps en position debout, assise, et en marchant.

• Explorer une sorte d’auto-IF, conduisant par exemple à la découverte que faire glisser avec précaution la peau sur son front donne des informations sur ses préférences personnelles quant à la posture et au mouvement global.

• Des jeux de différenciation de la langue et des yeux

• L’utilisation occasionnelle d’une « main d’air » [ballon à peine gonflé]

Apprendre en Exagérant de Manière Subtile puis en Changeant ce qui est Habituel, avec l’Aide Occasionnelle d’une « Main d’Air »

En exagérant légèrement la répartition du poids en position debout et assise, il [nous] fut bientôt possible de sentir des changements subtils mais de plus en plus clairs dans les relations entre le sacrum, l’arrière de la tête et le sternum. La relation de ces trois zones –avec la gravité et entre elles –devint une espèce de fil conducteur et point de repère concrets tandis que nous explorions des questions comme : Le sacrum et l’arrière de la tête sont-ils alignés verticalement, ou légèrement inclinés vers l’avant et vers l’arrière ? Et comment le sternum réagit-il quand j’adopte la position affaissée d’un adolescent ou celle d’un soldat qui se tient raide ? Entre ces deux extrêmes, où suis-je « à la maison » ? Qu’est-ce qui se passe si je déplace très légèrement mon poids depuis ce que je sens être la position « neutre » vers une direction moins familière ? Nous avons mené des explorations similaires en marchant et en luttant contre une tempête imaginaire venant d’en face, de derrière ou du côté. Puis nous avons développé cette idée assis sur une chaise en un grand cercle. L’intention modeste de déplacer son poids vers l’ischion le moins sûr sembla élever des ‘barrières d’anxiété’ chez certains participants –simplement parce qu’il ne pouvaient pas le faire facilement. Dans certains cas, ce sentiment d’insécurité s’accompagnait de la sensation d’être potentiellement ‘en échec’. Trois stratégies se sont clairement dessinées au cours de l’exploration ludique du transfert de poids en position assise :

• La colonne reste raide ; le sacrum, l’arrière de la tête et le sternum restent dans la même configuration ; la tête bouge énormément d’un côté à l’autre.

• Le bassin reste largement non impliqué tandis que la tête et le haut du corps se déplacent comme si les côtes étaient poussées de droite et de gauche le long d’une étagère. Ici encore, on perd la sensation d’avoir un axe sûr, c’est-à-dire solide et flexible.

• Le bassin devient mobile; le sacrum ‘invite’ les vertèbres de plus en plus haut à participer, amenant à l’extension du côté supportant le poids et à une légère flexion latérale de la colonne vertébrale.

Dès qu’on remplace un auxiliaire d’apprentissage relativement dur (comme une planchette fine ou un livre placé sous l’ischion le moins ‘conscient’, le moins ‘impliqué’) par une ‘Main d’Air’ (un ‘overball’ de la taille d’une tête d’enfant gonflé au minimum), un support qui cède en douceur, la troisième stratégie devient facile même pour ceux qui la pensaient inconcevable auparavant. La ‘Main d’Air’ servait aussi à donner du soutien et à ‘amener à la vie’ toutes les parties du corps qui normalement ne sont pas en contact avec le sol ou de façon limitée (la région lombaire et l’arrière de la nuque ; la taille quand on est allongé sur le côté ; le sternum quand on est allongé sur le ventre). Un ‘soutien’ aussi doux semble avoir le pouvoir irrésistible de suggérer d’ adhérer aux « 3 S », avec pour conséquence le lâcher prise de schémas de tenue habituels, et l’adaptation fonctionnelle spontanée aux conditions actuelles –comme une chose non seulement faisable mais vraiment profondément naturelle pour le système nerveux humain. Tandis que l’apprentissage devient plus « organique », ne requiert plus d’effort volontaire, et n’est pas entravé par la crainte de l’échec, la « boîte à outils pour l’apprentissage » (Guy Claxton) spécifique à la personne peut continuer à se développer tout au long de la vie.

Acquérir une boîte à outils fiable et bien fournie en tant qu’éducateur somatique prend un temps considérable : découvrir des façons de rendre réel (plutôt qu’imaginaire) le contact avec soi-même, acquérir de l’expérience en mettant en application ce qu’on a appris, et se rendre compte combien l’échange continu avec des collègues peut être enrichissant. Nous supporter mutuellement dans un apprentissage permanent est une nécessité absolue dans notre profession car nous faisons tous un travail de pionnier. Lors d’une conférence qu’il avait donnée au Premier Congrès Feldenkrais Européen (Heidelberg, 1995), feu le neurobiologiste Francisco Varela a souligné que les professionnels en Feldenkrais travaillent déjà en pratique et avec succès avec des relations complexes que les sciences sont encore en train d’essayer d’appréhender.

En tant que groupement de professionnels en quête de reconnaissance sociale, nous semblons être autant en avance sur notre temps que Moshe Feldenkrais dans le domaine du « combat singulier ». Nous sommes en général rappelés à cet état de fait quand l’insécurité et les doutes secrets nous assaillent :’Est-ce que je vaux quelque chose ? Ai-je vraiment une connaissance suffisante ? … Autant que les autres ?’ Au lieu de nous cacher ces appréhensions les uns aux autres, nous pourrions intentionnellement les discuter lors de réunions ou d’articles, comme j’ai essayé de le faire ici. En d’autres termes, nous pourrions nous aider de façon active à transformer nos ‘déficits’ imaginaires ou réels en tremplins pour un apprentissage mutuel ludique, comme nous l’avons envisagé dans la post-formation de la Guilde à Londres. A cette occasion certains ont peut-être commencé à entrevoir que la confiance mutuelle (y compris être prêt à partager ses inquiétudes de toutes sortes concernant des ‘problèmes’ et des ‘déficiences’) se développe simultanément à la confiance en soi.

Les surprises –comme nous l’avons reconnu à la fin de cette post-formation (par exemple la clarté de sentir comment la colonne et le bassin commencent à ‘participer’ quand on fait doucement glisser la peau autour de l’os d’un doigt) –constituent le cœur même de notre Méthode. Elles fournissent l’exemple constamment renouvelé que le véritable apprentissage a tendance à se produire dans les moments de perplexité, quand nous ne savons pas aller plus loin par les chemins routiniers qui nous sont familiers. Si nous nous aidons les uns les autres à chérir ces moments et à les gérer de façon créative, alors avec le temps nous devrions réussir à développer une CULTURE DE L’APPRENTISSAGE ET DE L’ENSEIGNEMENT (Guy Claxton) qui s’accorde vraiment avec notre Méthode.

Feldenkraisnow

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