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Intelligence du corps Soupless de l'esprit Pertinence de l' action

La Ruzole du Haut--09400 Saurat--France

Feldenkraisnow

MelanieballUn des jours les plus froids de janvier 2017 j’ai fait la connaissance d’une jeune femme extraordinairement affirmée. Mélanie, enceinte de 4 mois, se réjouissait d’échapper à l’hiver des Pyrénées en passant 2 mois en Colombie avec David le futur père de son fils Isaiah. Elle ne s’était pas laissée inquiéter par les personnes qui lui disaient qu’il était irresponsable de s’exposer avec son enfant aux dangers potentiels d’un pays aussi politiquement instable.

Le jour où nous avions convenu d’un rendez-vous pour venir prendre une leçon Feldenkrais, l’hiver était là. La glace et la neige rendait la circulation difficile. Reporter la leçon jusqu’à l’amélioration de l’état des routes n’était pas possible.

« Demain nous serons déjà en route pour l’Amérique du Sud ! » me dit Mélanie lorsque je l’appelai. Le vol devait quitter Barcelone le lendemain soir. Les trains pour traverser les montagnes étaient arrêtés en raison du risque d’avalanche. Ils devaient partir tôt le lendemain matin en voiture. Un ami les emmènerait à l’aéroport de Barcelone. Elle m’a assurée qu’elle arriverait à venir chez moi, même si elle devait marcher une partie du chemin, et c’est ce qu’elle a fait.

Mélanie est arrivée plus ou moins à l’heure, très détendue et contente d’avoir pu faire la route malgré les conditions difficiles. Tout de cette belle personne m’a impressionné, elle représentait un modèle de ce que Moshe Feldenkrais avait à l’esprit lorsqu’il a développé sa méthode comme un « Guide de la spontanéité » (le sous-titre de son livre The Potent Self = La puissance du moi).

Ce qu’elle espérait atteindre par cette seule leçon d’intégration fonctionnelle était d’apprendre comment s’arranger avec cette sensation inhabituelle de lourdeur qu’elle expérimentait à mesure que son ventre s’arrondissait. Elle se demandait aussi « comment être en lien avec le plancher pelvien ». Elle disait que le périnée était une sorte de terre inconnue dans son schéma corporel pourtant bien développé. Elle avait spontanément pris ce rendez-vous de dernière minute après avoir entendu dire des choses merveilleuses sur cette approche « soutenue par l’air » de l’apprentissage somatique dans la méthode Feldenkrais. Une méthode qu’elle n’avait encore jamais pratiquée.

Nos interrogations intenses et joyeuses ont commencé en marchant d’abord sur le sol recouvert d’un tapis et ensuite en marchant sur des ballons très faiblement gonflés alignés devant elle. Je les appelle des « mains d’air ». Mélanie a bien apprécié la sensation de ses pieds cherchant la sécurité du sol au travers de ces couches d’air peu épaisses. En marchant une fois encore sans ces mains d’air qui matelassait ses pas, Mélanie était aussi surprise que moi : Elle avait maintenant l’impression d’être « incroyablement légère » et se sentait comme marchant sur l’air ».

Ce qui l’a réellement impressionnée était le premier aperçu d’une extraordinaire expérience d’apprentissage rendue possible en étant couchée sur une « table d’air ». Une fois qu’elle fut allongée dessus la séance se transforma en une fascinante exploration des questions qu’elle souhaitait clarifier. Ensuite elle dit que de marcher sur le sol était devenue encore plus léger et plus fluide. En retournant s’asseoir sur une chaise, Mélanie eut une idée initiale sur la façon de bouger son bassin. Placer des « mains d’air » sous l’ischion droit ou gauche, ou les deux, permettait d’explorer toutes sortes de mouvements du bassin qui ont commencé à réveiller sa colonne vertébrale à sa fonction de porter sans effort le poids et le volume grandissant de son ventre. Elle découvrit des aspects intéressant de son périnée qui avait été absent de son image de soi jusque là.

Sa décision de ne pas demander à David de la reconduire dans la vallée était sans appel, mais elle accepta joyeusement de prendre un chemin plutôt caché du public le long de la rivière qui lui permettrait de retourner saine et sauve à la maison. Alors que nous cheminions en descente dans la neige profonde en évitant les plaques de glace, Mélanie sautillait le long du chemin comme un enfant heureux. Elle me dit, en passant, qu’elle avait sérieusement vérifié avec le bébé si l’aventure sud-américaine allait être une bonne chose et elle apprit qu’ »il » souhaitait positivement qu’ils y aillent. Mélanie était sûre qu’elle allait donner naissance à un petit garçon. Le matin suivant, j’ai reçu un appel d’elle. Mélanie était déjà en route vers Barcelone et voulait juste me dire qu’elle se sentait toujours plus légère qu’avant la séance Feldenkrais et que le petit ballon qu’elle avait pris avec elle comme compagnon de voyage spécial rendait le trajet en voiture beaucoup plus confortable.

Mon nom avait été ajouté à une liste d’amis avec lesquels Mélanie souhaitait rester en contact pendant son exploration de la Colombie. Ainsi je reçu des nouvelles et d’incroyables photos documentant leur merveilleuse aventure dans un pays qui se remettait du traumatisme après des années de violence. Partout où Mélanie et David se rendaient les gens les recevaient à bras ouverts. Ce jeune couple, et spécialement cette jeune femme future maman complètement dénuée de peur, qui venait de si loin suscitait beaucoup de respect et d’admiration. Beaucoup de personnes qu’ils rencontraient semblait considérer le ventre arrondi de Mélanie comme un signe d’espérance pour un meilleur futur dans leur propre pays.

Lors de leur retour en France fin avril, Mélanie et David étaient plutôt troublé par l’absence d’accueil chaleureux et dans la bienveillance comme ils l’avait expérimentée dans les villages et villes de Colombie.

Après la fatigue d’un déménagement, dans une maison à vingt minutes à pied du petit hameau où j’habite, Mélanie est venue pour sa seconde leçon de Feldenkrais.

Cela l’a aidée à trouver consciemment une relation plus attentionnée avec elle-même. ce qu’elle avait perdu lors des dernières semaines exténuantes. Quelques jours après cette séance du début mai, Mélanie m’a envoyé un compte rendu; Le voici:

 

Séance chez Ilana

j'y suis allée par curiosité! je pensais aller à une séance de massage avec des ballons, j’espérais me connecter à mon bébé en pensant me sentir bercer comme lui sur le matelas de ballons.

pregshotMais ce que j'ai découvert c'est une écoute de mon corps, une capacité de ressentir de façon autonome d’où viennent certaines de mes douleurs et de sentir et corriger par de légères adaptations de mon corps. De même une séance m'a permis de me connecter à mon centre d'équilibre à ma verticalité modifié par cette grossesse ce qui m'a permis j'en suis persuadée d'arriver au 8ème mois de grossesse sans aucune douleur cervicale, dorsale et lombaire malgré un ventre assez volumineux pour une première grossesse. Je travaille depuis plusieurs années la conscience de mon corps tout d'abord par le sport et la danse (sensitive danse contact et biodanza), je vais chaque année chez un ostéopathe.je n'avais pratiquement aucune douleur en ce début de grossesse je pensais donc que je n'avais rien mais ilana m'a permis de ressentir mon corps par le biais des ballons comme je ne l'avais jamais senti auparavant. Je me suis sentie me relaxer juste en plaçant les ballons là où je sentais un décalage, un vide dans mon corps, cette empreinte posé sur mon corps m'a permise de replacer mon corps dans son axe et sans intervention exterieure.

Je suis sortie de la séance détendue avec des exercices pour travailler mon axe et le périnée. Je me suis dit que très vite je perdrais les bénéfices comme dans beaucoup de pratiques où l désaxement revient rapidemment avec la vie quotidienne.

Je suis partie en Colombie pendant mon 5ème et 6ème mois de grossesse. J'avais emmené un petit ballon qui m'a sauvé la vie lors des longs transports en bus. Tout d'abord pour m'asseoir sur le ballon très faiblement gonflé ce qui me donné à la fois un coussin pour soulager les ischions de la dureté du siège mais surtout un travail des hanches, de l'axe de la respiration sans effort j'ai beaucoup marché en Colombie et avec un sac à dos parfois lourd.Sans cette écoute fine du corps je n'aurais pas pu le faire.

Le 6 mai un mois après mon retour, un déménagement des problèmes personnels et le manque d'exercices font que des douleurs à type de sciatique apparaissent, je n'arrive plus à sentir comment rééquilibrer le corps et je souhaite développer le travail du périnée pour la naissance.

Ilana me refait sentir mon corps. Je n'y avais pas prêter attention mais je pense que du fait de l'arret des exercices sur le petit ballon je ne ressens pratiquement plus mon ischion droit sur la chaise un petit ballon dégonflé me refait vivre cette partie endormi puis le placement judicieux d'autres ballons font faire l'empreinte sur mon corps de ses contacts nécessaires. Et là comme par magie mon placement du corps se modifie et je finis même par ressentir de façon plus importante mon ischion droit ; un équilibre s'est refait et entièrement guidé par mes ressentis juste avec l'appui et le questionnement d'Ilana. Nous travaillerons aussi la sensation du périnée

En rentrant chez moi et après quelques jours j'ai retrouvé la sensation de mon ischion droit. Ma hanche se déplace, il reste une légère douleur de sciatique mais je me sens plus libre dans mes mouvements de hanche. Dans les postures de yoga, l’évolution est très nette et la douleur disparaît totalement au bout de 10 jours.

Pour ma part, en une seule séance les ballons permettent aux praticiens de transmettre le ressenti du corps et donne l'autonomie au patient.

 

rimg0001aPendant la troisième et dernière séance trois semaines avant la naissance d’Isaiah, Mélanie s’est concentrée pour devenir plus sensible et consciente de son périnée, et aussi pour trouver la position la plus confortable pour accoucher. Elle avait décidé d’accoucher à la maison avec l’assistance d’une sage-femme expérimentée. Beaucoup de personnes lui délivrait un message de peur et lui recommander d'aller à l'hôpital pour un premier bébé, de ne pas écouter son propre ressenti mais les protocoles médicaux au cas où il y aurait des complications même si elle n'était qu'à 30minutes de l'hôpital. Mélanie recevait gracieusement les conseils de personnes bien intentionnées, y compris le personnel médical de l’hôpital régional où elle avait fait un examen. Mais se fiant une fois de plus à son intuition, elle réussit à résister à la pression qu’elle sentait venir de plusieurs directions, spécialement une fois que le terme de sa grossesse fut dépassé.

Mélanie continua tranquillement son chemin en faisant de grande balades avec son chien. Elle continua à raffiner les stratégies prometteuses qu’elle avait découvertes, comme de s’asseoir jambes croisées avec un petit ballon soutenant son ventre, de s’incliner sur le côté en appui sur un gros ballon egg ball et, le plus important de tout, la possibilité de se coucher sur le dos à condition d’être soutenue correctement par des ballons gonflés qu’elle avaient trouvé très utiles.

Le bébé arriva, en juste quatre heures si je ne me trompe pas et, trois semaines après le grand événement j’ai pris une photo de la mère et du fils quand Mélanie arriva dans notre petit hameau, en ayant marché en portant son fils dans une écharpe de portage.

Maintenant Mélanie trouve la table d’air qu’elle a emprunté extrêmement utile pour la relaxation et le repos.

Après la lecture de ce document Mélanie m’a envoyé quelques corrections et proposé d’y insérer un paragraphe supplémentaire :

En effet en fin de grossesse et lors de la naissance, la femme a beaucoup de difficulté à rester sur le dos; or pour les examens et la poussée cette position est parfois nécessaire. Mélanie a assemblé plusieurs ballons et coussins pour trouver une position qui permettent à la fois la descente du bébé et la poussée; et les examens des professionnelles tout en ménageant des moments de repos pour la mère sans avoir à se mobiliser. Cette recherche l'a beaucoup soutenue car cela l'a rendue encore plus active dans la préparation de la naissance et l'a rassuré sur cette position sur le dos très difficile à supporter lors des examens à l'hôpital. Cette méthode rend son autonomie et la conscience de son corps à la future mère pour être actrice de la naissance car c'est aussi la naissance à elle-même qu'elle va vivre et personne ne peut le vivre à sa place.

Découvrir les bénéfices de la méthode Feldenkrais et les ballons gonflables pendant la grossesse par Ilana Nevill traduit par Jacqueline Burgiss