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L’emploi de ballons gonflés comme ‘outils’ d’apprentissage et d’éducation somatique dans la Méthode Feldenkrais:

• rend possible l’expérience très concrète de la tenségrité qui caractérise tout corps vivant (surtout si celui-ci a été affecté par l’impact restrictif de certaines habitudes compensatoires ou compulsives issues d’un traumatisme physique ou psychique)

• contribue à la clarification sensorielle des relations internes (qui changent plus ou moins subtilement avec tout mouvement), et par là à l’harmonisation graduelle de ces relations

• réduit le sentiment de l’effort en se chargeant du poids d‘une partie du corps, et ainsi facilite la fluidité du mouvement, le rendant moins ample, plus doux, plus lent, assurant la qualité de “small-soft-slow”- sur laquelle Moshe Feldenkrais insistait- pour rendre possible la prise de conscience et l’apprentissage authentiques

• permet une appréciation lucide de la possibilité de vivre sans effort superflu dans le champ de la gravité terrestre, et sa réalisation. Le praticien/la praticienne dispose d'un choix de « canapés de ballons » adaptés aux exigences de la situation, et faciles à construire..

• L’emploi de ballons gonflés met en evidence le point de rencontre entre les principes essentiels de la Méthode Feldenkrais et ceux de la tenségrité qui nous fournissent des éléments précieux pour une théorie capable d’affiner notre pratique

Les principes de la “tenségrité”

Le concept de “Tensional Integrity” – “Tenségrité”- (traduit littéralement: intégrité tensionnelle) a été développé il y a presque 50 ans par Richard Buckminster Fuller, architecte Américain et génial concepteur des dômes géodésiques. Ce concept s’est avéré très utile dans d’autres domaines, y compris l’art et l’anatomie, et la science du bien-être humain. Les trois auteurs que j’ai consultés concernant ce sujet sont:

• Thierry Janssen LA SOLUTION INTÉRIEURE – Réveillez le potentiel de guérison qui est en vous, FAYARD, 2006, chapitre 8 “Aligner le corps qui s’équilibre”, p. 219 – 226. (Le docteur Janssen développe le concept de tenségrité jusqu’à ce qu’il appelle intégrité psycho-corporelle)

Thomas Myers ANATOMY TRAINS – Myofacial Meridians for Manual and Movement Therapists, Churchill Livingston, 2001, “The musculoskeletal system as a tensegrity structure” p. 41- 49)

• Stephen M. Levin (voir son site Biotensegrity)

Un système en tenségrité est autoéquilibré.

Dans un tel système, des éléments de compression ‘flottent’ dans un réseau de tension continue. Un accroissement de la tension sur un de ces éléments est transmis à tous les autres, y compris les plus éloignés. Ainsi des forces qui ‘poussent’ (compression) et d’autres qui ‘tirent’ (tension) s’équilibrent subtilement à tout moment, rendant l’ensemble de la structure ainsi caractérisée extrêmement dynamique, flexible et résistante.

Face à la gravité qui s’exerce sur l’ensemble de toute matière et de tout corps vivant, la tenségrité offre la solution la plus économique en termes de légèreté et de robustesse.

L’évolution de la vie s’est servie de cette solution des millions d’années avant que l’architecture moderne ait commencé à les utiliser, principalement dans la construction de bâtiments plus résistants aux tremblements de terre.

Le modèle le plus commun et le plus simple d’une structure en tenségrité est un ballon (autres exemples cités: une corde à linge et, dans le domaine des inventions mécaniques, une roue, un vélo…)

La peur des adultes est capable d’interférer avec l’épanouissement de la capacité du système de l’enfant à s’autoéquilibrer.

Si l’enfant est empêché de vivre pleinement l’émergence spontanée de l’intelligence naturelle de son corps en acquérant de nouveaux mouvements de plus en plus différenciés et intégrés, ses possibilités d’adaptation grâce aux principes de tenségrité, seront sérieusement réduites dès le commencement. Un sentiment d’insécurité, et même d’angoisse, va alors inciter encore plus de limitations.

Avec la perte de la sécurité naturelle qui réside dans la spontanéité, l’individu perd toute confiance en soi. Moshe Feldenkrais a bien décrit ce processus...

Comme véritable modèle d’éducation somatique, sa Méthode insiste sur le fait qu’il n’est jamais trop tard pour chercher des solutions individuelles efficaces vis-à-vis des insécurités et souffrances résultant d’un manque ou d’une perte de tenségrité originelle.

L’application de la tenségrité dans la Méthode Feldenkrais Juste un peu d’air, et quelle différence! par Ilana Nevill

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La solution somatique se rencontre au coeur même de la vérité du corps:

En restaurant la tenségrité nécessaire au fonctionnement optimal du corps et en permettant une meilleure définition du schéma corporel au niveau cérébral, nous pouvons évoluer et changer tout au long de notre existence, particulièrement si les transformations sont inscrites dans la réalité concrète de notre corps.

De longues années d’expérimentation et d’utilisation d’une variété de ballons gonflés (surtout dans mon travail avec des adultes ayant subi un accident vasculaire cerebral, ainsi qu’avec des enfants handicapés) m’ont convaincue de la valeur jusqu’ici insuffisamment reconnue de ces outils dans l’apprentissage et l’éducation somatiques.

À l’origine, cette exploration s’est faite à partir des besoins spécifiques de quelques personnes qui avaient peur d’être touchées. Comme par exemple Becky, une jeune fille de 20 ans qui souffrait d’un cancer déjà très avancé quand nous nous sommes rencontrées pour la première fois.

Pendant les neuf mois qui nous furent accordés pour des recherches aussi intenses que ludiques, ce fut tout d’abord Becky qui m’engagea à utiliser de façon de plus en plus systématique des ballons gonflés dans nos séance d’Intégration Fonctionnelle, révélant ainsi leur plaine utilité.

À notre surprise ces recherches résultaient dans d’étonnants ‘effets secondaires’ comme Becky les mentionnait amplement dans une lettre écrite à Noël, quatre mois avant sa mort, à Pâques 1995.

Le plus intense désir de Becky avait été de pouvoir encore un fois danser, ce qui exigeait qu’elle retrouve l’obéissance de sa jambe droite.

Néamoins dans la liste de vingt ‘mercis’ énumérés dans sa lettre “d’améliorer ma jambe – merveilleux!” ne se trouvait qu’à la 10ième place. Ce merci était précédé par “de m’aider à m’accepter et à m’aimer moi-même – y inclus mes pieds!” (numéro 6 des ‘mercis’), “de danser avec moi”(7) et “de m’apprendre comment dire NON!” (8).

Ce dernier était suivit par "de m'aider à prendre conscience de mes préjugés" (13),

"de me faire voir le côté fou de la vie" (18), et "de m'assister pour percevoir la mort d'une manière différente" (14)

La liste commence avec “Merci de me faire rire” et finit avec “Avant tout d’être toi-même et d’être mon amie”.

La lettre de cette jeune fille, qui a pu atteindre un rare degré de maturité en acceptant qu’elle devait bientôt mourir, constitue un précieux témoignage de ce qui peut se passer dans notre pratique entre ‘practicien/enne’ et ‘élève/client/e’ lorsqu’ils/elles se rencontrent vraiment - corps-et-âme.

Au fur et à mesure j’ai pu établir que la valeur principale de l’emploi de ballons gonflés dans la Méthode Feldenkrais réside dans ceci:

• En fournissant un soutien sûr et une qualité de ‘feedback’ non-intrusive, donc très agréable, il amène une réduction d’effort appréciable.

• En conséquence un haut degré de prise de conscience est provoqué beaucoup plus rapidement qu’à l’ordinaire.

• Le processus d’apprentissage de l’élève comme du praticien - en Intégration Fonctionnelle et en Prise de Conscience par le Mouvement - devient joyeusement ludique. D’après Moshe Feldenkrais le jeu étant la ‘condition sine qua non’ pour tout apprentissage somatique authentique, l’utilisation de ballons s’ajoute avec légimité à notre répertoire professionnelle.

J’ai par ailleurs pu constaté les effets suivants (qui constituent les ultimes buts de tout ce que Moshe Feldenkrais désirait achever avec sa méthode):

Parmi mes clients et élèves, un certain nombre ont pu gagner un nouveau et croissant degré d’indépendance, surtout parce qu’ils étaient prêts à continuer leurs recherches somatiques seuls, en faisant un peu de “home-work”.

Un ou deux ballons utilisés comme aide-mémoire à la maison leur permettaient de devenir plus actifs et plus créatifs, les aidant à s’engager dans la découverte de nouvelles pistes d’exploration.

Ces personnes se sont alors rendues compte qu’elles pouvaient assumer plus de responsabilités qu’elles ne l’avaient fait jusqu’alors, pour leur propre bien-être et la qualité de leur vie, mais aussi, en ayant une plus grande conscience de ces responsabilités, pour l’avenir de leurs enfants, …

Je reste donc convaincue avec Moshe Feldenkrais qu’il est possible de s’atteler par et dans notre travail somatique à une des tâches les plus pressantes du monde contemporain: apprendre à vivre en société ‘with awareness’, c’est à dire avec un niveau de conscience et une détermination dans nos actes qui tracent un chemin moins ordinaire pour nos vies.

 

Les principes de la tenségrité s’applique à toutes les échelles du vivant.

Au niveau microscopique, la double hélice de l’ADN et la configuration des protéines sont stabilisées par la tenségrité.

Au niveau macroscopique, les 206 os du squelette humain sont comprimés par la force de gravité et stabilisés dans la position verticale grâce à la traction exercée par les muscles, les tendons et les ligaments. Au moindre impact sur les os, l’énergie mécanique se propage à travers toute la structure, de sorte que si une partie du corps est en tension, l’ensemble est aussitôt affecté.

Cette configuration dynamique donne au corps vivant la capacité de supporter son propre poids sans que la compression s’exerce d’une manière nuisible sur la colonne vertébrale.

Les os, les muscles, les ligaments et les tendons peuvent être considérés comme un système de tenségrité qui joue un rôle extraordinaire dans la santé humaine.

Le moindre raccourcissement ou le plus léger raidissement des éléments de tension diminue la capacité du corps à absorber les pressions et les déformations. La raison en est évidente. Insuffisamment utilisés, certains muscles s’atrophient, d’autres, au contraire, trop sollicités, s’hypertrophient. La répartition des charges entre les différentes parties du corps se modifie. Ceci entraîne des remaniements de la structure osseuse, de sorte que le corps subit de véritables déformations.

Un traumatisme plus important, surtout s’il est cumulé avec des lésions encore présentes, peut donc résulter dans un déplacement des structures et une limitation des mouvements qui deviennent des séquelles permanentes.

Les attitudes compensatoires qui s’ensuivent provoquent des étirements nerveux, des obstacles au niveau des vaisseaux sanguins et des altérations de la circulation lymphatique.

Les contractures musculaires dues au stress émotionnel chronique provoquent, elles aussi, d’importants changements morphologiques (voir Wilhelm Reich sur le développement d’une véritable ‘armure caractérielle’ - “character armour”).

Tous ces enchaînements de cause et effets sont aggravés par l’âge car, avec le temps, les tissus perdent leur souplesse et les processus réparateurs sont moins efficaces.

Maintenir un alignement optimal du corps par rapport à la gravité terrestre serait donc un moyen essentiel de préserver longtemps une bonne santé.

La peur des adultes est capable d’interférer avec l’épanouissement de la capacité du système de l’enfant à s’autoéquilibrer.

Si l’enfant est empêché de vivre pleinement l’émergence spontanée de l’intelligence naturelle de son corps en acquérant de nouveaux mouvements de plus en plus différenciés et intégrés, ses possibilités d’adaptation grâce aux principes de tenségrité, seront sérieusement réduites dès le commencement. Un sentiment d’insécurité, et même d’angoisse, va alors inciter encore plus de limitations.

Avec la perte de la sécurité naturelle qui réside dans la spontanéité, l’individu perd toute confiance en soi. Moshe Feldenkrais a bien décrit ce processus...

Comme véritable modèle d’éducation somatique, sa Méthode insiste sur le fait qu’il n’est jamais trop tard pour chercher des solutions individuelles efficaces vis-à-vis des insécurités et souffrances résultant d’un manque ou d’une perte de tenségrité originelle.

La solution somatique se rencontre au coeur même de la vérité du corps:

En restaurant la tenségrité nécessaire au fonctionnement optimal du corps et en permettant une meilleure définition du schéma corporel au niveau cérébral, nous pouvons évoluer et changer tout au long de notre existence, particulièrement si les transformations sont inscrites dans la réalité concrète des notre corps

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